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A Corps Perdu T.1
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Genre : Romance, Thriller
Format :

Informations édition :

Illustrateur : Alaneïa
Editeur France : La Plume de Jijisub
Première éd. : 2011 Octobre

Recommendations :

Age conseillé : +16
Prix public : 19,90 €

Compléments :

Nombre de tomes : 1/2
Nombre de pages moyennes : 416

0 fav.

SYNOPSIS :

Renié par sa famille à cause de son homosexualité, Ishihara Masao, un étudiant de vingt-deux ans, poursuit ses études tout en cumulant les petits boulots pour survivre.

Sa rencontre avec une enfant perdue dans le métro va bouleverser sa vie. Fuyuki n’est autre que la fille de Rei Nanashi célébre mannequin que Masao admire depuis ses débuts.

L’attirance entre les deux hommes est immédiate et très vite, la passion flambe. Malgré l’ombre de la défunte épouse de Nanashi qui plane sur leur amour, la vie de Masao prend des allures de conte de fée, jusqu’au jour où il franchit le seuil d’une pièce dont il n’aurait jamais dû ouvrir la porte.


DU MÊME UNIVERS :


A Corps Perdu T.1 A Corps Perdu T.2

EXTRAIT :

Masao remonta le col de sa veste en sortant de la sandwicherie pour laquelle il travaillait à mi-temps. Il pesta entre ses dents contre le froid toujours persistant, alors que le printemps aurait dû être là depuis un petit moment. Mi-avril, et la pluie s’abattait sur la ville tel un rideau qui ne devait jamais se lever. Avant de sortir de son abri, le jeune homme appuya sur le bouton du parapluie qui se déploya dans un bruit sec. A peine fit-il un pas sous l’averse que le fracas assourdissant du déluge envahi le petit espace que seul le mince tissu tenait au sec.

� Le jeune homme traversa rapidement sans s’attarder dans les rues de Tokyo. Il remarqua à peine les silhouettes grises qui se dessinaient tels des fantômes, visions fugitives courant sur le trottoir pratiquement désert et détrempé. L’humidité s’incrusta bientôt sous le tissu et la chair de poule gagna l’étudiant qui pourtant avait mis sa veste la plus chaude. Masao soupira entre ses dents et serra la mâchoire. Il avait toujours l’impression que le sort s’acharnait contre lui. A moins que le mauvais temps persistant ne brouille son objectivité.

� Bientôt, il arriva à l’arrêt de bus et "miracle" songea-t-il, le sien arriva au même moment devant l’abri. Masao monta à bord et sortit sa carte. Il vit avec satisfaction que le véhicule était peu fréquenté. Les jours de pluie diluvienne, il était certain d’avoir une place assise. Une lueur de satisfaction traversa brièvement le regard vert. Il s’installa à côté d’une fenêtre et laissa sa tête s’échouer sur la vitre fraîche. Son souffle bientôt laissa une trace de buée sur le carreau et, emporté par ses rêveries intérieures, il traça inconsciemment un mot du bout du doigt qu’il effaça rapidement en se rendant compte de son geste.

� Une fois arrivé à destination, le jeune homme bondit en bas des marches et ouvrit promptement son parapluie à nouveau. Il effectua les derniers cent mètres qui lui permettraient enfin d’arriver à destination. Une bourrasque plus violente que les autres et chargée d’air iodé vint retourner le parapluie, mais Masao était déjà sous le porche et un soupir de soulagement souleva sa cage thoracique. L’étudiant tapa le code sur le clavier de l’entrée de son immeuble et dans un hall ultra-tec comme on pouvait souvent en trouver dans le quartier d’Odaiba.

� Masao traversa le rez-de-chaussée habitué au lieu, et monta rapidement la volée de marches, plutôt que d’utiliser l’ascenseur, qui le mena à son appartement. Ses mains tremblantes attrapèrent difficilement les clefs qui lui permettraient de se sentir chez lui. Lorsqu’enfin Masao ferma la porte, il plaça immédiatement son parapluie dans sa salle de bain laissant ce dernier égoutter, ou plutôt ruisseler, le terme était plus juste. Il retira ensuite sa veste qu’il accrocha sur un cintre et qu’il fit sécher au-dessus de sa baignoire. Il finit de se déshabiller et colla ensuite son corps frigorifié contre le radiateur mural. Il était devenu bleu...

� Au bout de quelques minutes, le jeune homme réussit à s’extirper de son engourdissement et attrapa un survêtement confortable qu’il enfilait souvent lorsqu’il était enfermé dans sa chambre. Masao sortit de son réfrigérateur un repas surgelé et le mit dans le micro-ondes. Ensuite, il se jeta sur son lit et sortit un livre sur l’histoire du Japon durant l’époque Edo. Il ne put s’empêcher de retenir un bâillement et finit par se gratter la tête faisant un effort malgré sa fatigue pour retenir les dates importantes. Le bip clair du micro-ondes le sauva de son ennui.

� Le jeune homme se redressa prestement et attrapa son bol de ramen qui fumait entre ses doigts. Plat économique s’il en était... Il attrapa ses baguettes et murmura un "itadakimasu" sans réel enthousiasme. L’estomac de Masao criait famine et il mangea son bol lentement afin que la sensation de faim le quitte avant qu’il n’ait fini ce dernier. Le jeune homme effectuait ces gestes mécaniquement sans vraiment y penser. Comme s’il se trouvait en dehors du corps qu’il occupait. Une fois finit, il jeta le carton et se replongea dans ses livres sans enthousiasme et bientôt gagné par la fatigue due à ces journées à passer à courir, il s’endormit profondément sur ces derniers.

� °°0°0°°

� Masao se réveilla avec les premières lueurs grises de l’aube. Il avait cette impression d’avoir trop bu la veille au soir. Si seulement il avait eu ce privilège, il aurait pu se vanter de ce fait... Non, c’était juste une fatigue tellement grande qu’elle semblait incrustée en lui comme une sangsue sur la peau d’un nageur imprudent. Il resta un petit moment assis à se gratter le crâne et ses épaules se voûtèrent encore et encore à chaque vague de souvenirs qui remontaient à la surface telle des lames de fond pour venir se briser sur le bord de sa mémoire moribonde. Il avait beau essayer de verrouiller la porte de ses souvenirs, inlassablement cette dernière s’entrebâillait comme si un vent puissant forçait l’ouverture aux serrures fragiles.

� Le jeune homme cherchait inconsciemment autour de lui après un paquet de clopes pour se rendre compte tout de suite après qu’il n’avait plus le luxe de s’offrir sa drogue. Avec difficulté, il s’extirpa de ses draps. Il poussa la porte de la salle de bain et il échoua sous la douche pour enfin se sortir de la sorte de coma qui engourdissait encore son esprit.

� Une fois devant la glace de sa salle de bain que la buée avait recouverte d’une fine pellicule d’eau, il prit une serviette pour effacer ce voile humide. Il ouvrit la porte pour évacuer le trop-plein d’humidité qui ferait immanquablement revenir la vapeur sur la surface lisse.

� Il s’observa quelques secondes son reflet. Ses yeux verts étaient comme éteints. Le teint bronzé naturellement lui donnait tout de même bonne mine et quelque part cela le soulagea. Ses cheveux mi-longs couleur d’encre encore humides gouttaient sur ses épaules laissant une sensation crue sur sa peau. Ses lèvres pleines aux plis sensuels ne souriaient presque plus, ses traits fins ne semblaient pas souffrir de sa mine renfrognée. Il observa un instant son buste finement musclé pour essuyer les gouttes qui restaient à sécher.

� Masao songeait aux heures qu’il avait passées au lycée au club de Kendo. Quelquefois, il s’entraînait avec ses anciens camarades de dojo, mais il lui était de moins en moins possible de s’y rendre. Inconsciemment, il se trouva un peu maigre. Mais il avait perdu un des deux jobs qu’il occupait... Les temps étaient durs pour lui... Les regrets l’envahissaient en songeant que petit à petit tout ce qui avait de l’importance pour lui, disparaissait comme s’il n’était pas maître de son destin.

� La première image dont il se souvint avec acuité était la réaction de son père lorsqu’il lui avait annoncé qu’il était gay. Et dire qu’il avait passé des semaines voir des mois à préparer son discours, à imaginer les scénarios les plus improbables, ce jour-là, il se sentait « prêt ». Sa mère n’avait pas bronché et son père lui avait ordonné de quitter la maison sur-le-champ avec ordre de ne plus y remettre les pieds. Il ne voulait pas d’un "déviant" chez lui. Soi-disant que Masao pouvait contaminer son frère et sa sœur. D’ailleurs, ils n’avaient pas cherché à le soutenir ou à reprendre contact. Il avait eu la sensation nette ce jour-là d’être devenu orphelin du jour au lendemain. Il avait eu envie de pleurer, de hurler à l’injustice. Qu’avait-il donc fait de mal ? Ne pouvait-on pas l’accepter tel qu’il était sans qu’il eût besoin de se justifier tel un condamné devant ces juges ?

� A partir de là, son père refusa de verser la petite pension qu’il lui allouait tous les mois. Masao du subvenir à ses besoins grâce a des petits boulots qu’il cumulait parfois. Cela faisait maintenant trois ans qu’il était en faculté d’histoire et cette matière qui le passionnait tant était devenue un calvaire. Le manque de sommeil, de repas réguliers, la fatigue accumulée par ses petits boulots et ses allées et venues à la fac avait entamé sa bonne humeur et une certaine joie de vivre qu’il exprimait facilement jusqu’alors. Il se rendit soudain compte qu’il n’avait plus personne à qui se confier et son dernier amant s’était fait la malle, il y a quelques mois. Il était définitivement seul et devait prendre la vie du bon côté !

� Masao sortit de la salle de bain habillé et rasé de près. A presque vingt-deux ans, il se demandait s’il existait encore un espoir pour qu’il s’en sorte enfin dans la vie. Ses yeux voguèrent sur les murs de sa chambre où trois affiches du top model Rei Nanashi étaient étalées. Il contempla sans vraiment le voir l’inaccessible beauté et l’aura particulière de l’homme apaisa l’angoisse qui commençait à le tenailler. Il était subjugué par la couleur mercure de son regard.

� Comme pour le faire descendre de son nuage une toux intempestive le prit et revenant à la dure réalité, il attrapa ses livres qui traînaient sur son lit deux places... enfin, plutôt son canapé-lit qu’il repliait plus depuis quelques mois. Certes, il n’avait plus de place dans sa chambre mansardée en procédant de cette manière, mais d’un autre côté, il était proche de sa kitchenette et de l’autre côté de son lit se trouvait son bureau sur lequel trônait son portable. Et le must dans son aménagement, c’était qu’au bout de mon lit, se trouvaient sa salle de bain et ses toilettes. Contre toute attente toutefois, la pièce était rangée et propre.

� Un peu plus tard, il dévala les escaliers pour sortir rapidement. Il avait besoin d’air et de croiser des êtres vivants. Cette fois-ci, il décida de ne pas prendre le bus, mais le métro. Il avait quelque chance pour qu’il soit moins bondé. Il descendit les marches de métro sans conviction. Mille pensées parasites envahissaient son esprit encore. Il avait l’impression de tourner en rond dans sa vie. Il ne savait plus quelle direction lui donner .