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Tatouage
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Genre : Tranche de vie
Format :

Informations édition :

Auteur : Emilie LEPERS
Illustrateur : Eden MISTY
Editeur France : Editions Muffins
Première éd. : 2007 Octobre

Recommendations :

Age conseillé : +16
Prix public : 20 €

Compléments :

Nombre de tomes : 1
Nombre de pages moyennes : 472 pages

0 fav.

SYNOPSIS :

Iian et Liian Loy sont jumeaux. A la mort de leur père, Seigneur des Terres de Vaylan, Liian s’empare du pouvoir, faisant aussitôt régner un climat de terreur sur ses sujets. Son frère restant le principal obstacle à son sacre, il ordonne en guise de torture que soit effectué sur son corps un tatouage de sang dans la plus vieille tradition. Des années plus tard, isolé dans un cachot, Iian au corps recouvert de cicatrices n’existe plus aux yeux des autres. Seul Alexander, jeune empathe assigné au service du seigneur tyrannique, semble se souvenir de lui. C’est en sa compagnie que Iian s’enfuit à la recherche d’un refuge pour panser leurs plaies. Mais peut-on se satisfaire d’une vie tranquille lorsqu’on est jeune, amoureux et épris d’aventures ? Alors qu’Alexander ne cesse de développer de nouveaux dons, le destin des deux hommes s’impose doucement à eux…

EXTRAIT :

UN TATOUAGE DE SANG

Trente ans plus tôt ~ Château des Terres de Vaylan ~


Chambre du seigneur Loy.


Le château était silencieux. Aucun serviteur ne faisait le moindre bruit en vaquant à ses occupations. Rien. Rien ne troublait le souffle difficile d’un seigneur fatigué qui mourait dans son lit. À ses côtés, un petit garçon agenouillé tenait fermement la main froide de son père. Les cheveux courts d’un brun foncé, il ne pouvait détacher ses yeux noisette de cette forme allongée face à lui.

— Père…

— Ne pleure pas.
— Mais… mais tu vas…
— Mourir ? Et alors ? Ne sois pas si triste. Je suis vieux et fatigué, c’est normal que ma vie s’achève. Toi et ton frère êtes jeunes et avez l’avenir devant vous. La seule chose que je regrette en partant aujourd’hui est de ne pas vous voir diriger ce royaume.

— Papa…

— Chut… Je t’aime. Je vous aime tant tous les deux.

Une quinte de toux força le vieil homme à cesser de parler quelques instants.


— Où est Liian ?

— Je ne sais pas. Amyna est partie à sa recherche.
— Je…
— Je vais l’aider…
— Non… C’est inutile, mon coeur.

Aussitôt, le garçon se rassit aux côtés de son père.


— C’est trop tard.

— Papa…

Un sourire et l’homme ferma les yeux pour la dernière fois.


— Non… Non… Papa… Papa !


Affolé à l’idée de l’avoir perdu pour toujours, l’enfant se tourna vers le guérisseur du château, le meilleur de tout le pays. Ce dernier fit de la tête un signe de négation. Tout était fini. Il était mort. Personne au monde ne pouvait gagner contre le temps. Rompant l’instant, Amyna, la nourrice des jumeaux, seuls héritiers des Terres de Vaylan, entra sans un bruit. Un regard vers le visage en pleurs de son jeune maître et elle comprit.


— Est-il… ?

— Oui, madame. Excusez-moi à présent, je me dois de prévenir les autres.

Une fois le guérisseur sorti, l’enfant se jeta dans les bras de celle qu’il avait toujours considérée comme sa mère.


— Il est mort.

— Ça va aller, mon grand.
— Comment allons-nous faire sans lui ?
— Toi et ton frère y arriverez.
— Mais nous sommes trop jeunes. C’est impossible, nous ne pourrons pas… On va…
— Je vous aiderai, et les amis de votre père aussi. Nous sommes là pour ça, Iian.

Le coeur brisé par la perte trop rapide de l’homme qu’elle aimait, la jeune femme s’écroula sur ses genoux.


— Je n’étais pas là. Je n’étais pas là pour ses derniers moments.

— Amyna…

Laissant tous deux déverser leur douleur dans les larmes, blottis l’un contre l’autre à la recherche d’un peu de réconfort, la femme et l’enfant n’entendirent pas le lieutenant de la garde se poster à leurs côtés.


— Jeune maître, votre frère vous réclame dans la salle d’apparat.


Surpris par la nature de la demande, le jeune garçon aux yeux embués de larmes regarda sa nourrice en quête d’explications.


— Je ne sais pas ce qu’il fait. Il ne s’y trouvait pas quand j’y suis passée avant de revenir ici.

— Excusez-moi d’insister, mais votre frère m’a fait comprendre que vous deviez vous presser.
— Je… j’arrive.

Trop perturbé par les derniers événements, l’enfant essuya ses larmes d’un revers de manche avant de se relever, non sans tituber, pour suivre son escorte.


— Tu veux que je t’accompagne ?

— Inutile. Reste auprès de lui.
— À tout à l’heure alors.

Une douce caresse sur la joue du garçon et celui-ci quitta la pièce, laissant la femme pleurer seule son amant et seigneur disparu.

Lire l’intégralité du chapitre 01