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Tokyopop, Blu, et la montée du Boys’ Love
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© Tokyopop, Blu


A la mi-avril, TOKYOPOP annonçait la fermeture de ses bureaux américains après 14 ans de service. De son adaptation novatrice de Sailor Moon dans Mixxzine en 1998 à la publication ultérieure de titres shoujo (girls’) bien-aimés tels que Fruits Basket et Kare Kano, la compagnie a joué un rôle de pionnier en important ouvertement du manga shoujo destiné aux filles sur un marché américain auparavant dominé par le manga shonen/action-aventure.
Cependant, nombre de fans pourraient être moins conscient du rôle significatif de TOKYOPOP dans l’introduction du manga Boys’ Love (BL) au marché anglophone.


2006-2007 You Higuri / Spray / Libre Publishing Co., Ltd.


En 2003, TOKYOPOP devint le premier éditeur à faire du manga boys’ love, qu’on appelait alors «shonen ai» sur le marché US, et qui était disponible en Anglais. Ils se mettaient moins en avant à ce sujet que les auto-proclamés pionniers dans ce domaine, les maintenant défunts Central Park Media, filiale de Be Beautiful, qui ont officiellement commencé un peu plus tard, en été 2004. Rien de plus que des baisers dépeints de manière sensuelle entre les deux personnages principaux masculins dans les six premiers volumes de Fake, le titre BL phare furtif de TOKYOPOP, un drame sur des policiers coéquipiers qui se chamaillent et tombent amoureux. (Ne serait-ce que ça était si nouveau et si efficacement dessiné que je me souviens de la fois où je lisais le volume 1 de Fake dans l’avion, en allant au San Diego Comic-Con cette année-là et j’avais l’impression que ma tête allait exploser. Gravitation, un shonen ai déjanté comique/soap opéra sur le showbiz, publié quelques mois plus tard, était en quelque sorte moins circonspect. Mais en dépit du fait que le protagoniste qui rêve d’être une pop star pour ados et son écrivain sarcastique, objet de son affection, commencent à coucher ensemble aux alentours du deuxième volume - en contraste total avec Ryo et Dee de Fake qui n’ont pas consommé leur relation avant le volume 7 - presque rien n’est effectivement montré dans les vignettes.

© by TAKANAGA Hinako / Gentôsha

Le fait que les titres BL où à tendance BL que TOKYOPOP publiait sous son propre nom étaient bien moins explicites que ceux de Be Beautiful faisait que TOKYOPOP était en fait capable de distribuer ses séries boys’ love de manière plus large dans des librairies et des magasins de comics qui vendaient des mangas, en tout cas dans des endroits d’Amérique du Nord où un baiser entre deux hommes faisait simplement froncer les sourcils, plutôt que d’être considéré comme un péché pornographique. En cela, ces titres différaient de manière significative de titres de Be Beautiful comme Kizuna et Embracing Love qui ont apparemment ébranlé les vrais libraires standards car étant classés si "X" que la compagnie s’est éventuellement retrouvée à faire le plus gros de son chiffre d’affaire sur internet. Pendant les quelques premières années d’existence de la filiale Be Beautiful, il était presque impossible de trouver ces mangas à la vente n’importe où à Manhattan en dehors de la librairie Kinouniya, tenue par des Japonnais.


SILVER DIAMOND © 2003 by SHIHO SUGIURA / TOSUISHA Co., Ltd., Tokyo


En plus d’être le premier éditeur à apporter le boys’ love/shonen ai au marché nord-américain, TOKYOPOP était connu pour faire de ses titres des oeuvres que l’on se procurait facilement à des prix abordables. Ces déclarations peuvent à présent sembler surprenantes quand DMP et ses différentes filiales telles que June, Doki Doki, et le plus catégoriquement orienté "plus de 18 ans" 801 Media tendent à être les premiers éditeurs à venir à l’esprit dans n’importe quelle discussion sur le BL disponible en Anglais. Mais DMP n’a pas commencé à publier du boys’ love avant 2005 avec quelques titres tels que les romances lycéennes Desire et Only the Ring Finger Knows. Le format d’alors, plus large et avec une couverture que l’on pouvait retirer a défini le prix de tous les mangas de l’éditeur aux mêmes $12.95 (environ 9,20€) auxquels ils sont aujourd’hui. A ce moment, le prix standard pour un manga TOKYOPOP était de seulement $9.99 (environ 7€). Ce prix s’étendit aussi aux titres des quelques premières années de la filiale la plus explicite de la compagnie, Blu Manga, lancée en 2005. A un débat sur le "Brokeback Manga" yaoi au New-York Comic-con en février 2006, Lillian Diaz-Pryzbyl, éditeur chez Blu a répondu de manière spécifique aux fréquentes marques d’appréciation des fans par rapport au prix bas de la filiale de TOKYOPOP. Ceux-ci présentaient un contraste très prononcé avec ceux de Be Beautiful dont les titres étaient délibérément vendus à $15.99 (environ 11,36€) - six dollars de plus qu’un manga Central Park Media standard - afin de décourager les personnes de moins de 18 ans de les acheter. L’ironie a voulu qu’en mars 2008, seulement deux ans plus tard, les prix de Blu Manga ont connu une hausse soudaine de trois dollars pour atteindre $12.99 (environ 9,22€). C’était approximativement le même prix que les mangas de DMP/June, qui étaient alors toujours produit dans leur grand format avec jaquette.
Pendant ce temps, les titres de Blu avaient conservé la taille qu’ils avaient toujours eu - et dans certains cas, la qualité du papier était moins bonne, les fans se sont plaints. (Personnellement, je sentais que cette grosse augmentation de prix aurait été un peu moins vexante si elle n’avait été que de deux dollars plutôt que des trois dollars qui ont augmenté le prix total d’un gros 30%). En 2010, le prix de nouveaux titres relativement inoffensifs de Blu tels que Blood Honey, une romance de vampires au second degré, a encore augmenté de deux dollars pour atteindre $14.99 (environ 10,63€) - seulement un dollar moins cher que l’ancien prix de Be Beautiful intentionnellement élevé pour tenir les mineurs à l’écart. Les prochains titres de Blu à paraître, tels que Secretary’s Love et l’excellent You & Me, Etc apparaitront dans un format plus large, approximativement le même que l’ancien format standard de DMP, peut-être dans un effort tardif pour se rattraper de la deuxième augmentation de prix.


© Temari Matsumoto, Libre Publishing


D’un point de vue général, les grosses augmentations successives du prix des livres dans une filiale qui avait initialement été remarquable pour ses prix abordables sont un des exemples les moins spectaculaires, parmi d’autres erreurs tactiques, du penchant de la direction de TOKYOPOP à arracher la défaite des griffes de la victoire en contrariant inutilement ses fans. Je suis reconnaissante envers TOKYOPOP pour leur introduction du BL en Amérique du Nord d’une manière si efficace que cela l’a établit comme un créneau relativement stable dans le marché aujourd’hui. Inutile de préciser que je suis également profondément reconnaissante pour tous les très bon mangas BL ou à tendance BL publiés sous les noms Blu et TOKYOPOP. Mes titres préférés chez Blu comprennent Gerard and Jacques et Lovers in the Night de Fumi Yoshinaga, Shout Out Loud de Satosumi Takaguchi, le délirant Love Pistols de Tarako Kotobuki et le susmentionné livre sur la romance entre les meilleurs amis de lycée qui deviennent petits amis You & Me, Etc. J’ai également des souvenirs agréables concernant des titres "purement TOKYOPOP" tels que les marquants Saiyuki et Saiyuki Reload de Kazuya Minekura, le pareillement marquant manhwa coréen Martin & John, et Off*Beat, le global manga sous forme de drame psychologique sur le thème d’ados gays.

Mais je suis aussi déçue à l’idée plus que probable que l’annonce de la compagnie de fermer ses bureaux nord-américains signifie que nous ne verrons jamais le dernier volume de Junjo Romantico de Shungiku Nakamura (chez Blu), la romance drôle et parfois ridicule entre un étudiant naïf et le meilleur ami de son grand frère, un écrivain raffiné mais ultra-excentrique.

La fermeture de TOKYOPOP nous privera aussi des 12 volumes restants du titre à tendance BL "traditionnel" Silver Diamond, un fantastique qui réchauffe le coeur. Les fans du populaire Hetalia : Axis Powers seront aussi déçus de voir les deux derniers volumes de cette série à tendance BL frénétiquement comique leur passer sous le nez. Le pire de tout est peut-être le fait que la perte de TOKYOPOP et de sa filiale Blu, dédiée au BL, ne laisse DMP comme la seule compagnie majeure entièrement consacrée à la publication de manga boys’ love en Anglais.

Par Margaret O’Connell pour Sequentialtart
Traduit par GISyd06
2 mai 2011





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