L'actu Boy's Love en France !
Twitter
Facebook
1432 - Vous êtes ici : Accueil / Glossaire Glossaire / Le Barazoku

Le Barazoku
0
Dossier

©


Le Barazoku

Deux mondes : Mangas gay / Mangas yaoi

Le Bara c’est un peu le comic gay japonais, un genre fait pour les hommes gays, et non les jeunes filles rêveuses en mal de mâles sexy et sentimentaux (sans être niais).

Il y a vraisemblablement deux univers :

- L’univers yaoi : avec les mangas yaoi, et autres œuvres s’en inspirant, romans (des éditions muffins, de la collection arrow etc.) et des tripotées de fic/fanfic;

- Et l’univers gay : avec des BD (d’origine américaine, mais il en existe des françaises), romans, et quelques rares mangas. (Le tout aux éditions H&O principalement)

Et justement ces quelques rares mangas en question sont des Bara.
En quoi sont-ils si différents des mangas yaoi ? Et bien, contrairement à la première idée qui peut nous venir, ce n’est pas vraiment une question d’explicitation des scènes de sexe, il y a aussi du yaoi hard, voir très hard, certaines mangaka en ont fait leur domaine de prédilection comme Kabutomaru Chouko, Yoshihara Yuuka, ou en plus connu Ike Reibun.

La différence se trouve, à mon sens, d’abord et surtout aux niveau des auteurs de bara et du public visé.

Alors qu’on tente de faire du yaoi un genre "comme les autres" c’est-à-dire accessible à tous (ou presque), le bara s’affiche clairement comme un genre particulier, destiné à un public particulier.

En gros, le yaoi on peut facilement tomber dessus, alors que le bara, il faut avoir envie d’en lire pour en trouver. Il en va de même pour les autres oeuvres que je classe aussi dans l’univers gay comme les "BD gay". D’ailleurs le bara est visiblement inspiré de ces BD nées aux USA, de part la similitude des dessins, et des histoires. Si vous avez vu la série américaine Queer as folk, (que je vous conseille fortement de la regarder si ce n’est pas le cas), et bien la BD "Rage" colle exactement au type même de la BD gay. Donc, en clair le public visé par le bara est le même que ces BD gay dont il s’inspire, constitué d’hommes homosexuels, passés l’âge de la puberté bien sûr.

Il en va de même pour les auteurs, leur caractéristiques se confondent avec celles des lecteurs.

Maintenant, dans le fond (dessin, histoire) le Bara est un genre très particulier, mais je pense que cela est dû à la caractéristique précédemment citée du genre. Mais voyons maintenant concrètement de "quoi" est fait le bara.



Bara = Hommes bodybuildés ?

Et bien, de façon générale, oui, on retrouve cette caractéristique dans tous les Bara. Mais en réalité cela va au-delà. C’est la virilité en générale de l’homme qui est exacerbée. Pas de mignons petits Uke, non non, mais des parties génitales extraordinairement volumineuses, avec des testicules de la taille de pamplemousses, et des pénis aussi longs et épais que des avant-bras (en comptant la main xD), le tout encadré par des muscles saillants hyper-développés. Toutes qualités féminines, que ce soit au niveau de l’apparence ou bien des attitudes sont indubitablement absentes. La mention même de la femme est quasi inexistante dans le bara. On est dans un univers gay, il n’y a pas à se poser la question de savoir si le seme ne serait pas tenté par sa jeune collègue qui se trouve être célibataire et à forte poitrine.

Le Bara c’est aussi un langage cru, parfois violent, qui à lui seul serait capable de corrompre un saint. Et enfin, c’est également, et pour cela il s’éloigne de son cousine américaine la BD gay, des personnages "disgracieux" (laids, gros etc.), des situations à la limite du "gore". Le Bara flirte avec le SM, et lorsque c’est le cas, le flirte est vite expédié pour passer aux choses sérieuses. Si vous voulez voir du "vrai" SM gay vraiment... c’est le bara qui assure le plus.


Un genre peu populaire dans les rangs des yaoistes.

Pourquoi cela ne plait-il pas aux yaoistes ? J’ai envie de dire : parce que dans un sens ça fait trop vrai. Pas du côté des histoires en elles-même, le bara est aussi peu réaliste que la plupart des yaoi classiques, mais du côté des non-dits et non-montrés dans le yaoi classique qui correspondent pourtant à la réalité. Dans le bara en plus des muscles on voit souvent des poils, et oui, même les homos ont des poils (ah bon ?!), des choses pas vraiment jolies : des personnes parfois même laides, et oui, tous les homos ne sont pas taillés comme des mannequins (ah bon ?!), et enfin, le must du must, on voit de la "saleté", mettons-nous d’accord ça ne passe pas vraiment par un conduit très propre tout ça, du moins si ça l’est, il a bien fallu le nettoyer avant, non ? J’en entends déjà d’ici dire "beurk... !", qu’est-ce que je disais...

Enfin bon, avec un peu plus de sérieux, le bara ne représente pas vraiment ce que recherche les yaoistes (en majorités des femmes) soit, une belle histoire d’amour sur fond de sexe. La scène de sexe doit aussi être "belle" même quand elle est violente, ce qui n’est pas le cas dans le bara. Quand à l’histoire, ce n’est pas qu’il n’y a pas d’histoire dans un bara, c’est simplement que celle-ci se centre rarement sur des sentiments amoureux (mais ça arrive), ce qui a au moins l’avantage de ne pas dégouliner de niaiserie comme certains yaoi. Les interactions entre les personnages de bara sont souvent des rapport de domination, souvent bien mis en scène, de façon très psychologique comme pour les oeuvres de tagame.


Où en trouver ?

Du côté du net :

Dénicher du bara, quand on en cherche, c’est assez compliqué. Il n’y a pas à proprement parlé de site de Bara. On en trouve généralement avec du hentai, qu’il soit gay ou hétéro (souvent les deux).

Vous en trouverez pas mal sur le LJ de Whoneedsalife : http://whoneedsalife.livejournal.com/. Allez voir dans ’Tags’ puis ’Bara’.

Néanmoins on remarque une tendance à l’apparition du bara dans des sites de partage de scantrad anglophones, et de raw, qui ne faisaient habituellement que du yaoi classique (qu’on me pende si une team de scantrad française en a déjà sorti ne serait-ce qu’un minuscule chapitre).

Cependant le bara est légèrement différent. On garde les muscles, les bonnes et longues scènes de sexe hard, mais on enlève tout le disgracieux, on rajoute un petit peu de référence féminine, on remue un bon coup et hop, ça nous donne du "Kawai Bara". Nouvelle expression certifiée conforme par… moi-même. (lol). Non, mais je pense que ça définie assez bien ce nouveau genre de "bara sans l’être". On en trouve un peu chez blissful sin par exemple.


► Pour les sorties en France :

Il faut regarder surtout du côté des éditions H&O, qui font aussi de la BD et de la littérature gay. Ils n’ont pas choisi n’importe quoi pour le bara, puisque ce sont tous des titres de Gengoroh Tagame, le maître incontesté du bara ! D’ailleurs s’ils traduisent un jour la série Pride de cet auteur, je pense que je me ferais violence pour l’acheter, pour comprendre enfin ce qui se dit dans le seul bara auquel j’ai réellement accroché.



Bara

© by TAGAME Gengoroh / Furukawa Shobo



Un auteur phare de Bara : Gengoroh Tagame


http://c1.ac-images.myspacecdn.com/images01/16/m_e799acbad0ef8a199aed2e9ae08c0764.jpg

Biographie :

Il est né en 1964. Après avoir étudié à l’université des Beaux-Arts de Tama, il a travaillé comme directeur artistique. En 1986, il a commencé à réaliser ses propres mangas. Il est devenu mangaka à plein temps en 1994.



Ses oeuvres :

Pour celles sorties en France il y a : Gunji, Arena, Goku. Mais il en existe beaucoup d’autres comme Pride, Trophy, Shirogane no hana, etc.



Petit mot de l’auteur :

"Pour moi, la bande dessinée est le meilleur outil pour l’expression pornographique. Il n’y a pas de restrictions dues aux coûts ou à la durée, contrairement aux films ou aux vidéos, que l’histoire se déroule dans quelque époque futuriste ou dans la Rome antique, peu importe la quantité d’effets spectaculaires du scénario. De plus, il est possible de dessiner la nature dynamique des actes sexuels et, en même temps, d’exprimer de subtils changements dans la psychologie des personnages. En ce qui concerne mes œuvres de style occidental, elles sont l’expression, d’une manière plus réaliste, de mes propres fantasmes. Quand j’étais enfant, j’ai été sexuellement excité en regardant les peintures du Caravage représentant la flagellation du Christ ou la scène de galère dans Ben Hur. L’impact de ce genre de peinture réaliste ou de films d’action est très différent de celui du dessin déformé et symbolique propre au manga. Surtout quand des fantasmes pornographiques s’y ajoutent ; avec la représentation hyper réaliste des corps humains, l’expression graphique de relations sexuelles peut devenir plus puissante. Pour pimenter le tout, on peut aussi mélanger et multiplier les fantasmes comme on le ferait d’épices. Et au sujet de mes œuvres de style oriental, elles sont un hommage à l’érotisme traditionnel japonais, qui est en train de disparaître. J’exprime mon adoration pour ce monde traditionnel en appliquant les techniques traditionnelles de peinture. Toutefois, peu importe le style dans lequel je dessine, ce qui importe, c’est que ces dessins me fassent bander..."


[Article écrit par Yumeless]





Laisser un commentaire Facebook...


Laisser un commentaire...

Pseudo

Antispam, Le chiffre symbolique du yaoi ou de la fujoshi (indice ici) :